Usage des réseaux sociaux numériques chez les jeunes : de l’observation à l’intégration

Une formation pour Loisirs Éducation et Citoyenneté

Cette fois-ci, j’étais en formation dans l’association Loisirs Éducation et Citoyenneté. La demande était assez proche de la formation que j’ai faite juste avant, mais le public est très différent (moins nombreux, moins jeunes, pour certains sans pratique des réseaux socionumériques, pour d’autres la seule fréquentation de Facebook, mais quelques usagers réguliers).

Diaporama

Le diaporama à partir duquel j’ai articulé la journée de formation est feuilletable et téléchargeable ci-dessous.

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Mise en perspective des réseaux sociaux dans le cadre général du numérique

J’ai repris la réflexion que je mène dans le cadre de ces formations, et qui consiste à resituer les réseaux socionumériques dans le cadre du web, celui-ci dans le cadre d’internet, et ce dernier dans le cadre du numérique, compris comme une évolution civilisationnelle majeure, dont nous ne sommes qu’aux prémisses.

J’ai usé de trois références pour cette partie :

  • Clarisse HERRENSCHMIDT, pour son ouvrage intitulé Les trois écritures : langue, nombre, code, Gallimard, 2007, pour l’idée d’une continuité entre écriture, monnaie, imprimerie, et numérique. Elle propose une synthèse de l’ouvrage (qui permet de se faire une idée de son contenu), et  elle parle de son contenu dans une vidéo indexée (vous pouvez choisir les moments de la vidéo) de conférence sur Canal U: Demain, l’écriture.
  • Louise MERZEAU, pour son article « Ceci ne tuera pas cela », Les cahiers de médiologie 2/ 1998 (N° 6), p. 27-39, en ligne, ou téléchargeable, dans lequel elle reprend la notion de médiasphère, et plus particulièrement d’hypersphère pour indiquer la sphère qui a internet pour média central (petit conseil : aller directement aux tableaux p. 35 et suivantes pour une présentation synthétique des médiasphères). Un article plus court, écrit avec Régis Debray, inventeur de la médiologie, décrit plus synthétiquement les médiasphères; il s’intitule sobrement Médiasphère.
  • Bruno BACHIMONT pour la notion de raison computationnelle. L’auteur propose une synthèse de sa réflexion dans un article en ligne (ardu, quand même, je préviens…): Pour une critique phénoménologique de la raison computationnelle. J’ai aussi écrit un article de recherche qui vulgarise un peu plus la notion… mais ça reste un article de recherche…

J’ai aussi évoqué les différentes époques du Web (Web 1.0, 2.0, et 3.0), et la question de l’identité numérique, assez rapidement; vous pourrez trouver ci-dessous des références (en ligne) qui vous permettront d’approfondir la question…

Une discussion animée a eu lieu après cette présentation, intéressante par les points de vue contrastés qui s’y sont exprimés, avec des questions pertinentes sur l’addiction, les conduites à risque, l’empreinte énergétique… Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen, pour d’autres formations, d’enregistrer ces différents points de vue, et de les synthétiser (en live, sur une interface locale ou en ligne mais protégée), sur une carte heuristique par exemple, pour que les participants puissent les retrouver a posteriori. À réfléchir pour une séance de formation ultérieure.

Mise en pratique

Nous avons réalisé un exercice de mise en pratique, utilisant Tweeter, ScoopIt! et Paper.li (ce dernier dans le but de voir une autre interface que celle de ScoopIt!, et une autre présentation finale); mais cela n’a pas aussi bien marché que ce que j’aurais voulu, du fait que nous étions tous connecté au même wifi, qui a vite saturé et rendu difficile le LiveTweet prévu.

Certes, la pratique a été effective, mais il y a eu beaucoup d’attente chez ceux qui n’ont pas eu la chance de se connecter les premiers. Cependant, le  Storify de notre LiveTweet permet de se rendre compte de l’état d’esprit de certains des participants, méfiants à l’égard de ces technologies. Je crois que pour certains, cela a représenté un plongeon dans le grand bain du numérique social, et que c’était une expérience assez forte.

Du fait de nos difficultés de connexion, les ScoopIt! n’ont pas été très fournis, mais il y en a un qui a été construit avec l’idée de regrouper les opinions négatives sur l’usage des jeux vidéo par les jeunes, une sorte d’antithèse (voulue) du propos :

Un seul groupe a essayé Paper.li, et plutôt pour en tester l’interface que pour répondre à la demande de constitution d’une ressource (le thème de travail était « jeunes et jeux vidéo »). Je mets ici le lien vers leur Paper.li pour mémoire, de façon à ce que tous puissent apprécier le rendu visuel de l’interface.

Je suis revenu sur le rôle d’enregistreur que peut avoir Twitter, soit en local, soit à distance, et j’ai parlé de quelques usages collectifs de Twitter dans l’éducation, notamment

  • du TwittMOOC (un cours en ligne massif et ouvert pour apprendre Twitter… dans Twitter), assis sur un site web recensant des exercices, des retours d’expérience, des astuces…
  • de l’exemple des twictées (dictées partagées entre classes distantes via Twitter), qui témoigne d’un usage bien développé de Twitter dans les écoles connectées

L’idée est de montrer à quel point les plateformes proposent des services qui peuvent être détournés ou piratés à des fins éducatives, ou citoyennes.

Intégration du numérique dans les projets d’animation

La dernière partie portait sur l’intégration de la dimension numérique dans les projets d’animation. Les questions soulevées ont semblé faire écho de pratiques existantes, de difficultés rencontrées; nous avons échangés en fin de parcours, mais à refaire, je réserverais plus de temps à cette partie, avec un temps plus long et plus formalisé de discussion. Il faudrait peut-être en amont savoir si des projets visant à intégrer une dimension numérique sont en cours, pour pouvoir en discuter durant la formation.

Des questions ont émergées, fortes, sur l’intérêt de se pencher sur ces technologies pour le travail d’animation, auxquelles j’ai répondu, autant avec mes connaissances de chercheur qu’avec mon background de formateur et d’animateur. Pour résumer, à mon sens, dès lors que ces technologies font partie de l’environnement quotidien de ceux avec qui nous travaillons, nous devons nous en préoccuper, comme nous avons dû le faire avec la télévision ou les jeux vidéo. D’autre part, il me semble qu’aucune pratique d’accompagnement, et plus encore d’éducation à la citoyenneté, ne peut se faire en totale méconnaissance du principal média utilisé par la jeunesse à laquelle on destine ces pratiques.

J’ai apprécié de voir ressortir des questionnements sincères et de pouvoir en discuter avec des réponses pas seulement théoriques, mais aussi pratiques et liées à mon expérience.

Pour aller plus loin

Dans la dernière partie, j’ai insisté sur l’idée de développer des partenariats à moyen et long terme avec des acteurs sociaux, organismes publics (équipe de recherche, Espaces Publics Numériques) ou associations œuvrant dans le champ des TIC (par exemple, les associations de défense du logiciel libre); voici quelques liens vers plusieurs d’entre elles :

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